500 emplois supprimés, R&D délocalisée, concurrence asiatique, ce que SEB doit affronter en France cette année

Usine SEB en Asie avec machines avancées

Le géant de l’électroménager SEB, connu pour ses marques comme Tefal et Moulinex, a récemment déclaré son intention de supprimer 500 emplois en France. Cette décision survient alors que le groupe cherche à déplacer une partie de sa recherche et développement (R&D) vers l’Asie pour se rapprocher de ses sites de production et mieux affronter la concurrence asiatique. Ce plan, élaboré pour répondre à des conditions de marché de plus en plus féroces, a été accueilli avec une certaine appréhension dans l’Hexagone.

Le groupe a souligné que ces suppressions de postes affecteront principalement les fonctions support, telles que la finance et les ressources humaines, et qu’elles se feront sur la base du volontariat. La production en France ne sera pas touchée. Cette stratégie s’inscrit dans un vaste plan de 200 millions d’euros d’économies récurrentes prévu d’ici 2027, visant à restaurer une croissance rentable.

Les raisons derrière la délocalisation de la R&D

Déplacer la R&D vers l’Asie n’est pas une décision prise à la légère par SEB. Actuellement, près de 50 % des produits du groupe fabriqués en Asie sont développés en France. En rapprochant ses équipes de R&D des sites de production, SEB espère réduire les délais de développement et améliorer la réactivité face aux demandes du marché asiatique, qui représente une part significative de son chiffre d’affaires.

La concurrence asiatique, notamment de marques comme SharkNinja, se fait de plus en plus intense. Ces entreprises offrent non seulement des produits innovants à des prix compétitifs, mais elles bénéficient aussi d’une logistique optimisée grâce à leur proximité des sites de production. Pour SEB, s’adapter signifie non seulement réduire les coûts, mais aussi gagner en agilité pour rester compétitif.

En outre, les fluctuations des droits de douane, particulièrement avec les États-Unis, compliquent davantage la situation pour SEB. Les tensions commerciales entre grandes puissances économiques ont accentué la pression sur les entreprises européennes à revoir leurs stratégies industrielles. Pour SEB, cette délocalisation est un moyen de contourner certains de ces obstacles économiques.

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Enfin, le groupe souhaite intensifier sa relation avec les consommateurs asiatiques en augmentant sa présence sur les réseaux sociaux, une démarche facilitée par une proximité accrue avec ce marché clé. Cette stratégie s’inscrit dans une volonté plus large d’intégrer l’intelligence artificielle dans ses opérations marketing.

Impact sur le personnel en France

Les 500 suppressions d’emplois annoncées concerneront principalement les fonctions support comme la finance, les ressources humaines, la logistique et le marketing. Le directeur général de SEB, Stanislas de Gramont, a assuré qu’il n’y aurait pas de départs contraints, les réductions se faisant sur la base du volontariat. Cette annonce vise à rassurer les employés et les syndicats, bien que l’inquiétude demeure.

En France, SEB emploie environ 31 000 personnes et exploite une vingtaine de sites industriels. Le fait que la production ne soit pas affectée par ces suppressions est un soulagement pour beaucoup, mais la réorganisation des fonctions support pourrait avoir des répercussions sur l’efficacité globale de l’entreprise.

Pour les employés touchés, SEB prévoit des mesures d’accompagnement, y compris des formations pour faciliter leur transition vers d’autres secteurs ou postes. Ces initiatives visent à minimiser l’impact social de ces suppressions tout en aidant les employés à se repositionner sur le marché du travail.

Malgré ces efforts d’accompagnement, la perspective de perdre 500 emplois reste une pilule difficile à avaler pour les salariés et leurs familles. Les syndicats continuent de surveiller de près la mise en œuvre de ce plan et n’excluent pas des actions si les engagements de SEB ne sont pas respectés.

La stratégie de SEB pour redresser sa rentabilité

Face à un marché de l’électroménager en pleine mutation, SEB doit adapter sa stratégie pour retrouver une croissance rentable. L’entreprise a connu une baisse significative de son résultat opérationnel en 2025, qualifiée d'”accident” par ses dirigeants. Pour y remédier, SEB a lancé un vaste plan d’économies de 200 millions d’euros.

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Ce plan s’appuie sur plusieurs axes. Premièrement, l’optimisation des coûts grâce à la délocalisation de la R&D, mais aussi via l’intégration progressive de l’intelligence artificielle dans les processus internes. Cette technologie permettra, selon SEB, d’améliorer l’efficacité et de réduire les dépenses dans les fonctions support.

Deuxièmement, SEB souhaite renforcer sa présence sur les marchés asiatiques et américains, où la demande pour ses produits reste forte. En augmentant sa capacité à répondre rapidement à ces marchés, SEB espère accroître ses parts de marché et donc ses revenus.

Enfin, le groupe mise sur l’innovation pour se différencier de ses concurrents. Le développement de nouveaux produits, notamment dans le segment du petit électroménager, reste une priorité. SEB espère ainsi séduire de nouveaux consommateurs tout en fidélisant sa clientèle existante.

Comparaison avec d’autres entreprises du secteur

SEB n’est pas seule à faire face à ces défis. De nombreuses entreprises européennes du secteur de l’électroménager ressentent la même pression de la concurrence asiatique. Par exemple, Philips a également dû revoir sa stratégie en délocalisant certaines de ses opérations en Asie pour rester compétitive.

Le modèle asiatique, caractérisé par une production rapide et à faible coût, oblige les entreprises occidentales à repenser leurs chaînes d’approvisionnement. Pour SEB, cela signifie se concentrer sur ses points forts, comme l’innovation et la qualité, tout en réduisant les coûts où cela est possible.

En comparaison, des entreprises américaines comme Whirlpool ont opté pour une approche différente, en se recentrant sur leur marché domestique tout en simplifiant leur portefeuille de produits. Cette stratégie a permis à Whirlpool de maintenir sa rentabilité malgré la concurrence internationale.

Cependant, ces ajustements stratégiques ne sont pas sans risques. Ils nécessitent une exécution précise et une gestion rigoureuse pour éviter des perturbations dans la chaîne logistique ou la qualité des produits. Pour SEB, la clé du succès résidera dans sa capacité à équilibrer innovation, coût et qualité.

Les perspectives pour SEB et ses employés

Alors que SEB s’engage dans cette transformation, les perspectives pour l’entreprise et ses employés restent incertaines. Le succès de cette réorganisation dépendra largement de la capacité de SEB à s’adapter rapidement aux nouvelles réalités du marché.

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Pour les employés, ces changements pourraient se traduire par de nouvelles opportunités dans des domaines émergents comme l’intelligence artificielle et le marketing digital. SEB a déjà exprimé son intention de proposer des formations et des développements de compétences pour aider ses employés à s’adapter.

Néanmoins, l’incertitude économique persistante et les tensions géopolitiques pourraient affecter la mise en œuvre de ces plans. Les employés de SEB devront rester flexibles et ouverts aux changements pour naviguer dans cette période de transition.

Pour SEB, le défi majeur sera de maintenir sa compétitivité tout en préservant sa réputation de qualité. En réussissant cette transition, le groupe pourrait non seulement renforcer sa position en Asie, mais aussi s’assurer un avenir solide sur le marché mondial de l’électroménager.

À retenir

  • SEB va supprimer 500 emplois en France en délocalisant sa R&D vers l'Asie.
  • Les suppressions toucheront principalement les fonctions support sur une base volontaire.
  • Le groupe cherche à renforcer sa compétitivité face à la concurrence asiatique.

Questions fréquentes

Pourquoi SEB délocalise-t-il sa R&D en Asie ?

SEB délocalise sa R&D pour se rapprocher de ses sites de production en Asie, réduire les délais de développement et mieux affronter la concurrence locale.

Quels emplois seront touchés par les suppressions en France ?

Les suppressions affecteront principalement les fonctions support comme la finance, les ressources humaines, la logistique et le marketing, sur une base volontaire.

Antonin est journaliste spécialisé dans l’économie, les entreprises et les dynamiques du monde professionnel. Après quelques années passées en tant que responsable communication au sein d’un grand groupe industriel, il a choisi de mettre son expérience au service de l’information.

Habitué à décrypter les stratégies, les innovations et les transformations qui animent le tissu économique français, Antonin s’attache à rendre compréhensibles des sujets souvent perçus comme complexes.