Dassault Aviation vise 40 Falcon tout en misant sur le Rafale dans un marché prudent

Un Rafale sur une base aérienne, équipes au sol visibles

+5% en séance, et déjà +27% depuis le début de 2026. Dassault Aviation n’a pas eu besoin d’un effet d’annonce spectaculaire: il a juste sorti des chiffres qui claquent. Résultat net ajusté à 1,061 milliard d’euros, marge opérationnelle à 8,6%, chiffre d’affaires 2025 à 7,42 milliards. Le marché attendait du solide, il a eu mieux. Et quand tu ajoutes un carnet de commandes à 46,596 milliards, tu comprends pourquoi les investisseurs ont relevé la tête.

Le moteur, c’est le duo Rafale-Falcon. En 2025, Dassault a livré 26 Rafale et 37 Falcon. Pour 2026, la guidance parle d’environ 8,5 milliards d’euros de revenus, avec 28 Rafale et 40 Falcon. Le truc, c’est que la promesse n’est pas juste commerciale: l’industriel dit clairement qu’il doit muscler l’exécution, surtout sur les jets d’affaires. Et pendant que les tensions géopolitiques remettent la défense au centre, Dassault se retrouve avec une vitrine mondiale, des clients exigeants, et zéro droit à l’erreur sur les cadences.

Des profits 2025 qui dépassent le scénario des analystes

Sur 2025, Dassault Aviation affiche 7,420 milliards d’euros de chiffre d’affaires ajusté, contre 6,230 milliards en 2024. Ça fait une hausse nette, portée par les livraisons et par un mix produit très favorable. L’exploitation suit: 635 millions d’euros de résultat opérationnel ajusté, soit une marge de 8,6%. Ce n’est pas une marge de start-up, mais dans l’aéronautique de défense, avec des cycles longs et des contraintes industrielles, c’est propre.

Le résultat net ajusté grimpe à 1,061 milliard d’euros. Dans le détail, Dassault précise qu’il y a eu une surtaxe en France de 96 millions d’euros. Sans ce coup de rabot fiscal, le net serait monté à 1,157 milliard. Dit plus simplement: la machine à cash tourne très fort, même quand l’État vient se servir. Et ça compte pour la Bourse, parce que ça donne de la visibilité sur la capacité à financer les montées en cadence et les développements.

Autre signal qui rassure: les prises de commandes. Elles atteignent 10,941 milliards d’euros en 2025, à peu près au niveau de 2024 (10,869 milliards). Pas d’effondrement, pas de trou d’air. L’export pèse lourd dans ce total, avec une part annoncée à 89% sur les commandes. Ça veut dire que Dassault n’est pas juste dépendant d’un budget national, il vit sur un marché mondial où la demande reste soutenue.

J’ai demandé à “Marc”, un analyste actions qui suit la défense depuis des années, ce qu’il retient de la copie. Sa réponse est simple: “Ce qui surprend, ce n’est pas un chiffre isolé, c’est la cohérence. Les livraisons montent, le backlog reste énorme, la trésorerie augmente, et la guidance 2026 ne ressemble pas à un bluff.” Du coup, quand le titre prend 5% sur une publication, ce n’est pas un caprice: c’est le marché qui recale ses hypothèses.

Le carnet de commandes à 46,6 milliards, le vrai matelas

Le backlog de fin 2025 atteint 46,596 milliards d’euros. C’est le chiffre que tu regardes quand tu veux savoir si une hausse en Bourse repose sur du vent ou sur du béton. Dans ce carnet, il reste 220 Rafale à livrer, dont 175 à l’export et 45 pour la France. Et côté aviation d’affaires, 73 Falcon restent en portefeuille. Sur le papier, ça remplit des années de production, à condition de tenir les cadences et la chaîne d’approvisionnement.

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Ce carnet est aussi un indicateur politique. 175 Rafale export à livrer, ça veut dire des contrats signés, des acomptes, des jalons, des clients qui attendent. Et des avions qui, une fois en service, déclenchent des besoins de support, de pièces, de modernisation. Dassault insiste d’ailleurs sur l’activité de soutien opérationnel et la disponibilité des appareils, parce que c’est là que se joue la réputation sur le long terme. Un client satisfait, c’est un client qui revient.

Et la trésorerie suit. La société annonce 9,415 milliards d’euros de cash disponible fin 2025, contre 8,434 milliards un an plus tôt. Dassault explique que cette hausse vient principalement des avances liées aux contrats Rafale export. Ce n’est pas anodin: ces avances financent l’effort industriel, limitent le besoin d’endettement, et donnent une marge de manuvre quand il faut investir vite. Dans un secteur où les retards coûtent cher, c’est un coussin.

Mais il y a un revers que la Bourse oublie parfois quand le titre monte. Un backlog énorme, c’est aussi une obligation de résultat. Si tu promets 220 Rafale à livrer et que tu coinces sur une cadence, tu crées un goulot, tu froisses des États, tu prends des pénalités, et tu dégrades la confiance. Marc résume ça sans détour: “Le carnet, c’est une force. Mais c’est aussi une liste de clients qui peuvent s’énerver.” Et dans la défense, un client énervé, ça fait du bruit.

40 Falcon visés en 2026, Dassault doit “être plus fort”

En 2025, Dassault a livré 37 Falcon, alors que la guidance visait 40. Ce n’est pas dramatique, mais c’est un signal: sur l’aviation d’affaires, l’exécution doit être plus carrée. Pour 2026, le groupe annonce 40 livraisons attendues. Le PDG Éric Trappier le dit lui-même: il faudra être “plus fort” sur les livraisons de jets d’affaires. Quand le patron formule ça publiquement, c’est qu’il sait que le marché l’attend au tournant.

Pourquoi le Falcon compte autant? Parce que c’est le deuxième pilier du groupe, et qu’il pèse 2,775 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025, contre 2,265 milliards en 2024. La progression est nette. Et dans un modèle Dassault, l’équilibre entre défense et civil sert aussi à lisser les cycles. Si la défense accélère, tant mieux. Mais si un jour la défense ralentit, tu es content d’avoir une base business aviation qui tient.

Sur les commandes, les Falcon font même mieux en 2025: 31 appareils commandés, contre 26 en 2024. Ça raconte une histoire simple: le produit se vend, la demande existe, mais la livraison reste le juge de paix. Et là, tu touches un point sensible: la réputation. Dans l’aviation d’affaires, les clients paient cher et veulent de la ponctualité. Un retard, ce n’est pas juste une ligne dans un tableau, c’est une relation commerciale abîmée.

Dassault met aussi en avant le support, et l’ouverture d’un nouveau centre de maintenance à Melbourne, en Floride. C’est très concret: plus tu livres de Falcon, plus tu dois être présent pour l’entretien, les pièces, les immobilisations minimisées. Le groupe affiche l’ambition de “regagner une position de premier plan” dans les classements de support en aviation d’affaires. Traduction: ils savent qu’ils ont un sujet, et qu’il ne se règle pas avec un communiqué, mais avec des avions remis en service plus vite.

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Rafale: 28 livraisons prévues et l’Inde au centre du jeu

Sur le Rafale, 2025 est un cran au-dessus de la trajectoire annoncée: 26 appareils livrés, alors que Dassault en visait 25. Dans ces 26, on compte 15 pour l’export et 11 pour la France. En 2024, c’était 21 livraisons seulement. Donc oui, la cadence monte. Pour 2026, l’objectif communiqué est de 28 Rafale livrés. Ce n’est pas une explosion, mais c’est une montée régulière, et c’est souvent ce que préfèrent les industriels: progresser sans casser l’outil.

Côté commandes, 2025 affiche 26 Rafale export commandés, contre 30 en 2024. La différence s’explique par le profil des contrats: 2024 avait été portée par l’Indonésie (18) et la Serbie (12). En 2025, l’événement marquant, c’est l’Inde avec une commande de 26 Rafale Marine pour sa marine: 22 monoplaces Rafale M et 4 biplaces d’entraînement. Signée en avril 2025, cette commande renforce la présence de l’avion dans une armée qui compte, et qui observe tout.

Le dossier indien ne s’arrête pas là. Dassault évoque aussi une commande potentielle de 114 Rafale en cours de négociation. Là, il faut garder la tête froide: ce n’est pas un contrat signé, donc pas question de le compter comme acquis. Mais le fait que le PDG en parle, dans un contexte où la défense revient fort en Bourse, suffit à alimenter l’intérêt. Les marchés adorent les “options” quand la base est déjà solide.

Et puis il y a l’industriel derrière la politique. Dassault a inauguré en septembre 2025 un nouveau site de production à Cergy, près de Paris, pour soutenir une hausse de production Rafale et Falcon et remplacer des capacités plus anciennes. C’est le genre d’investissement qui ne se fait pas pour la photo. Ça dit: on se prépare à produire plus, plus vite, et sur une durée longue. Sauf que ça met aussi de la pression: un nouveau site, ça doit monter en puissance sans ratés, sinon tu payes double.

Pourquoi la Bourse s’emballe, et ce qui peut gripper

Quand une action prend 5% sur une séance, ce n’est pas seulement “les chiffres sont bons”. C’est aussi la lecture 2026. Dassault vise un chiffre d’affaires autour de 8,5 milliards d’euros, avec 40 Falcon et 28 Rafale livrés. Les analystes cités dans le marché sont globalement alignés sur cet ordre de grandeur. Donc la hausse vient d’un sentiment de crédibilité: la guidance paraît atteignable, et le bilan est blindé en trésorerie. Pour un investisseur, c’est un cocktail rassurant.

Le contexte géopolitique joue aussi, et pas qu’un peu. Des tensions internationales remettent la défense en haut de la pile dans les portefeuilles. Éric Trappier a lui-même expliqué qu’un conflit qui dure peut avoir des “impacts” pour l’ensemble des groupes militaires. Traduis ça en langage de marché: budgets qui montent, commandes qui se débloquent, priorités stratégiques qui changent. Dassault, avec un avion déjà combat-proven et un carnet rempli, apparaît comme un bénéficiaire naturel de ce cycle.

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Mais il y a des grains de sable possibles, et il faut les dire. D’abord, la montée en cadence. Livrer plus de Rafale et plus de Falcon, ça veut dire synchroniser fournisseurs, moteurs, équipements, essais, certification, formation. Le moindre point dur se paie cash en retards. Ensuite, le support. Dassault annonce vouloir maintenir la satisfaction des clients militaires et remonter dans les classements de support business aviation. Ça veut dire qu’il y a une attente, et qu’elle n’est pas totalement remplie aujourd’hui.

Dernier point, plus structurel: Dassault investit dans la suite, avec la préparation du Rafale F5, le développement d’un drone de combat, un futur chasseur, et aussi des projets dans le spatial comme VORTEX. C’est ambitieux, mais ça consomme du temps, des talents, et de l’argent. En 2025, le groupe a recruté 1.579 personnes, portant l’effectif à 15.024 salariés. Bonne nouvelle pour la capacité, mais ça pose une question simple: est-ce que l’organisation peut absorber cette croissance tout en livrant plus? On verra vite, dès les prochaines livraisons annoncées.

À retenir

  • Dassault Aviation publie un résultat net ajusté de 1,061 Md€ et un chiffre d’affaires 2025 de 7,42 Md€.
  • Le carnet de commandes atteint 46,596 Md€ fin 2025, avec 220 Rafale et 73 Falcon à livrer.
  • Pour 2026, la guidance vise environ 8,5 Md€ de revenus, avec 28 Rafale et 40 Falcon livrés.

Questions fréquentes

Pourquoi l’action Dassault Aviation a-t-elle grimpé après les résultats ?

Parce que les résultats 2025 ont dépassé les attentes sur plusieurs lignes clés : hausse du chiffre d’affaires à 7,42 milliards d’euros, résultat opérationnel ajusté à 635 millions et résultat net ajusté à 1,061 milliard. Le marché a aussi apprécié une guidance 2026 autour de 8,5 milliards, jugée crédible, et un carnet de commandes très élevé qui sécurise l’activité.

Combien d’avions Dassault a-t-il livrés en 2025 et combien sont prévus en 2026 ?

En 2025, Dassault Aviation a livré 26 Rafale (15 export, 11 France) et 37 Falcon. Pour 2026, l’entreprise anticipe 28 livraisons de Rafale et 40 livraisons de Falcon, dans le cadre d’une hausse attendue du chiffre d’affaires.

Que contient le carnet de commandes de Dassault Aviation fin 2025 ?

Le backlog de fin 2025 atteint 46,596 milliards d’euros. En nombre d’appareils, il comprend 220 Rafale à livrer (175 export et 45 pour la France) et 73 Falcon. Ce carnet donne de la visibilité sur plusieurs années, mais il implique aussi une exécution industrielle rigoureuse pour livrer dans les délais.

Quel rôle joue l’Inde dans la dynamique Rafale ?

L’Inde a signé en avril 2025 une commande de 26 Rafale Marine pour sa marine, composée de 22 Rafale M monoplaces et 4 biplaces d’entraînement. Dassault mentionne aussi une négociation en cours autour d’un contrat de 114 Rafale, sans le compter comme acquis tant qu’il n’est pas signé.

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