Deal avec le Pentagon : ChatGPT subit +295% de désinstallations et une pluie d’avis 1 étoile

Un smartphone affiche une page d’avis négatifs sur une application IA

+295% de désinstallations en une journée, +775% d’avis à une étoile, et des notes cinq étoiles qui se font couper en deux. ChatGPT vient de se prendre une claque nette aux États-Unis, pile après la révélation du partenariat entre OpenAI et le Department of Defense. Et là, tu vois un truc rare sur l’App Store: des gens qui ne se contentent pas de râler, ils effacent l’appli et ils le font savoir.

Le détail qui pique, c’est la vitesse. La veille, l’app était encore sur une dynamique positive côté téléchargements. Puis l’info du deal se propage, et c’est l’inversion brutale: la croissance des installs tombe, les désinstalls explosent, les avis 1 étoile se multiplient. Pendant ce temps, Claude, le rival d’Anthropic, se retrouve propulsé tout en haut des classements, comme si le public cherchait une porte de sortie immédiate.

Le deal OpenAI-DoD met le feu aux avis App Store

Les chiffres racontent une histoire simple: quand le partenariat avec le Pentagone devient public, une partie des utilisateurs passe en mode sanction. Sur une seule journée, les désinstallations de l’app ChatGPT aux États-Unis bondissent de 295% par rapport à la veille. Et ce n’est pas un petit écart statistique: sur le mois précédent, la normale tournait autour de 9% de hausse quotidienne des désinstallations.

Le plus visible, c’est la vitrine. Les avis à une étoile explosent de 775% sur le samedi, puis remettent une couche le lendemain avec +100% jour sur jour. Dans le même temps, les avis cinq étoiles chutent de 50%. Tu peux toujours dire que les mécontents font plus de bruit, mais là, le volume grimpe tellement vite que ça ressemble à un mouvement coordonné de protestation, ou au minimum à une colère partagée.

Et puis il y a l’effet boule de neige. Une vague d’avis négatifs, ça ne reste pas cantonné à l’onglet “Notes et avis”. Ça influence ceux qui hésitent à installer, ça nourrit les captures d’écran sur les réseaux, ça devient un argument dans les discussions au bureau. Un utilisateur qui voit “1 étoile” en rafale se dit rarement “tiens, je vais tester quand même”. Il se dit plutôt “ok, qu’est-ce qui s’est passé?”.

Ce qui est frappant, c’est que la colère vise moins un bug qu’un symbole. Les gens ne se plaignent pas d’un plantage ou d’une mise à jour ratée, ils sanctionnent une décision politique et industrielle: travailler avec la Défense. Ça déplace le terrain de jeu. ChatGPT n’est plus seulement une appli pratique, c’est un acteur qui prend position, et une partie du public lui renvoie la facture.

Les désinstallations montent, et les téléchargements décrochent

Autre signal, plus froid mais plus parlant pour OpenAI: les téléchargements. Avant que l’info du partenariat ne prenne, ChatGPT affichait une hausse de 14% des téléchargements aux États-Unis en rythme jour sur jour. Puis, une fois le deal connu, la tendance se retourne: -13% le samedi, puis encore -5% le dimanche. Ce n’est pas juste “moins de hype”, c’est une marche arrière.

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Ce genre de retournement, c’est le cauchemar d’une équipe produit. Parce que tu ne peux pas le corriger avec deux patchs et une nouvelle icône. Si le problème est la confiance, tu peux améliorer l’UX autant que tu veux, ça ne suffira pas. Les gens qui désinstallent pour des raisons de principe ne reviennent pas parce que tu as ajouté un bouton ou un thème sombre.

Dans la vraie vie, la désinstallation est un geste assez radical. Beaucoup d’utilisateurs gardent des applis qu’ils n’ouvrent plus depuis des mois. Là, tu as une partie du public qui fait l’effort d’effacer, puis de laisser une note assassine. Ça traduit une intention: marquer le coup publiquement. Et sur mobile, c’est encore plus symbolique, parce que c’est l’outil du quotidien, celui qui te suit partout.

Le truc, c’est que ce n’est pas forcément tout le monde qui part. Mais tu n’as pas besoin d’une majorité pour créer un impact. Quand une minorité très motivée se met à agir en même temps, tu obtiens des pics. Et ces pics, eux, sont repris, commentés, amplifiés. Résultat: même les utilisateurs neutres finissent par se demander si utiliser ChatGPT, c’est soutenir quelque chose qu’ils n’assument pas.

Claude profite du trou d’air et prend la première place

Pendant que ChatGPT se fait pilonner, Claude d’Anthropic récupère une partie de l’attention. Aux États-Unis, l’app grimpe jusqu’à la première place de l’App Store, avec un bond de plus de 20 rangs par rapport à la semaine précédente. Et ce n’est pas un feu de paille de quelques heures: elle reste numéro 1 jusqu’au lundi, signe que la dynamique tient plusieurs jours.

Les téléchargements suivent. Sur le marché américain, les données montrent que Claude dépasse ChatGPT en téléchargements quotidiens pour la première fois sur le samedi. Et la progression est violente: certaines estimations parlent de +88% d’installations jour sur jour ce même jour. D’autres mesures indiquent aussi des hausses successives, comme +37% le vendredi puis +51% le samedi.

Ce basculement s’observe aussi hors des États-Unis. Claude devient l’app iPhone gratuite numéro 1 dans plusieurs pays, dont la Belgique, le Canada, l’Allemagne, le Luxembourg, la Norvège et la Suisse. Dit autrement: ce n’est pas juste une querelle américaine, l’onde de choc traverse des marchés où les gens suivent l’actu tech de près et réagissent vite.

Pourquoi Claude? Parce qu’Anthropic a expliqué ne pas vouloir entrer dans un partenariat comparable, en évoquant des craintes sur la surveillance de masse et sur des armes totalement autonomes. Pour une partie du public, ça sert de repère moral immédiat: “celui-là dit non”. Alors oui, il y a sûrement aussi un effet opportuniste et de curiosité, mais quand une alternative devient numéro 1 en quelques jours, ce n’est pas seulement du hasard.

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La question qui fâche: IA et usage militaire, ligne rouge ou hypocrisie?

Le nerf de la guerre, c’est l’usage. Un partenariat avec la Défense, ça déclenche tout de suite des images mentales: surveillance, ciblage, automatisation de décisions létales. Même si la réalité contractuelle peut être plus encadrée, l’opinion publique réagit souvent à la symbolique. Et dans le cas de ChatGPT, la marque est grand public. Tu l’utilises pour un mail, un devoir, une recette, et tu apprends qu’il y a un deal avec l’armée. Ça heurte.

Dans les discussions que tu vois remonter, le reproche n’est pas technique, il est éthique. En gros: “je ne veux pas contribuer, même indirectement”. C’est là que les désinstallations prennent du sens. Ce n’est pas “je n’aime pas la dernière version”, c’est “je coupe”. Et quand les avis 1 étoile montent de 775% d’un coup, tu comprends que l’App Store devient un mur d’expression politique.

Mais il faut aussi garder une nuance: l’écosystème tech a déjà une longue histoire de contrats publics et de défense, parfois très discrets. La différence, c’est la visibilité. ChatGPT est entré dans les poches de millions de gens. Donc ce qui était autrefois une affaire de spécialistes devient un sujet de café. Et quand ça devient un sujet de café, la sanction est plus émotionnelle, plus immédiate.

Autre point qui dérange: l’ambiguïté. Beaucoup d’utilisateurs acceptent l’idée d’une IA qui aide à protéger des soldats ou à analyser des données non sensibles, mais ils paniquent à l’idée d’un glissement vers l’autonomie ou la surveillance. Le problème, c’est que le grand public n’a pas toujours les détails. Du coup, il juge au signal. Et le signal, là, c’est “Pentagone”. Ça suffit à déclencher un boycott chez certains.

Ce que OpenAI risque vraiment: confiance, régulation, et guerre des applis

Le premier risque, c’est la confiance, et c’est le plus dur à réparer. Une appli peut remonter une note moyenne, mais une réputation, c’est plus collant. Quand les cinq étoiles chutent de 50% sur un week-end, tu n’es pas juste en train de perdre des points, tu perds des ambassadeurs. Et une partie des utilisateurs qui recommandaient l’outil à leurs proches vont peut-être arrêter de le faire, par prudence ou par gêne.

Le deuxième risque, c’est la concurrence qui s’organise autour d’un récit simple. Claude a bénéficié d’un positionnement clair sur le refus de partenariats similaires, et ça lui a offert une rampe de lancement. Dans une guerre des applis, ce n’est pas toujours la meilleure techno qui gagne sur le moment, c’est celle qui capte l’humeur du public. Là, l’humeur était à la méfiance, et Claude a servi d’alternative immédiate.

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Le troisième risque, c’est l’effet politique et réglementaire. Quand un produit grand public se retrouve associé à des usages militaires, les questions arrivent vite: quelles données? quels garde-fous? quelles limites? Même sans entrer dans des détails, tu sais comment ça marche: des élus s’en emparent, des associations poussent, et les entreprises se retrouvent à devoir justifier chaque phrase. Ça peut devenir un feuilleton, pas juste un bad buzz de 48 heures.

Et puis il y a le risque le plus bête, mais très concret: l’économie de l’attention. Si Claude reste numéro 1 plusieurs jours, il gagne des utilisateurs, des habitudes, des recommandations automatiques, des articles, des vidéos “je teste Claude”. ChatGPT peut très bien rester énorme, mais perdre du terrain sur mobile au pire moment, quand les gens choisissent leur assistant par défaut. On verra si OpenAI arrive à reprendre la main, ou si cette séquence va laisser une trace durable.

À retenir

  • Aux États-Unis, les désinstallations de ChatGPT ont bondi de 295% après l’annonce du partenariat DoD.
  • Les avis 1 étoile ont grimpé de 775% en une journée, pendant que les 5 étoiles chutaient de 50%.
  • Claude d’Anthropic a dépassé ChatGPT en téléchargements quotidiens et a pris la place de numéro 1.

Questions fréquentes

Pourquoi les utilisateurs se sont-ils mis à désinstaller ChatGPT aussi vite ?

La hausse a été observée juste après la révélation du partenariat entre OpenAI et le Department of Defense. Les données montrent un pic de désinstallations (+295%) et une explosion d’avis 1 étoile (+775%), ce qui suggère une réaction de protestation liée à l’aspect militaire, plus qu’un problème technique.

Est-ce que Claude a vraiment dépassé ChatGPT sur mobile ?

Oui, sur la période observée, Claude a atteint la première place de l’App Store aux États-Unis et ses téléchargements quotidiens ont dépassé ceux de ChatGPT pour la première fois sur le samedi. Les mesures disponibles indiquent aussi de fortes hausses d’installations, dont une estimation à +88% jour sur jour.

La baisse des téléchargements de ChatGPT est-elle mesurable ?

Les chiffres indiquent un retournement net : avant que l’annonce ne circule, les téléchargements américains étaient en hausse de 14% jour sur jour, puis ils ont reculé de 13% le samedi et encore de 5% le dimanche. C’est un signal de ralentissement immédiat, en plus des désinstallations.

Passionné par l’économie, la science et les technologies émergentes, je m’intéresse tout particulièrement aux innovations liées à l’énergie et au dynamisme des entreprises françaises qui façonnent notre avenir industriel. À travers mes publications, je vous invite à découvrir, comprendre et suivre les dernières actualités de ces domaines fascinants, là où la recherche, l’industrie et la transition énergétique se rencontrent pour inventer le monde de demain.