Gemini for Home arrive au compte-gouttes : pays, accès anticipé, caméras Nest, ce qui coince

Un écran Nest et l’app Google Home avec interface Gemini

Gemini for Home avance, mais pas comme une mise à jour qui tombe chez tout le monde le même matin. Le déploiement est progressif, par vagues, et surtout très segmenté selon les pays, les langues et même les fonctions. Résultat, tu peux voir débarquer un nouveau bouton dans l’app Google Home, sans pour autant avoir la voix Gemini sur tes enceintes.

Le truc, c’est que Google a empilé plusieurs programmes et plusieurs briques produit. Entre l’interface Ask Home, les fonctions caméra Nest, et le remplacement de Google Assistant sur les haut-parleurs, tu n’es pas sur une seule bascule. Tu es sur un chantier par morceaux, avec des promesses de “début 2026” qui ressemblent plus à une période qu’à une date.

Le calendrier réel: États-Unis d’abord, Canada ensuite

Si tu cherches une date, il y en a une qui revient partout: le 28 octobre 2025. C’est le début du déploiement en accès anticipé de l’assistant vocal Gemini for Home sur les enceintes et écrans Google, d’abord aux États-Unis. Pas une ouverture générale, pas un bouton magique. Un “early access”, donc une file d’attente et une activation côté serveur.

Deuxième jalon clair: le Canada, à partir du 18 décembre 2025, en anglais. Là encore, on est sur de l’accès anticipé, pas un déploiement massif. Et c’est important parce que beaucoup de gens confondent “fonction annoncée” et “fonction disponible”. Google parle d’un élargissement à d’autres régions début 2026, mais sans promettre que tout le monde l’aura au même moment.

Sur les autres marchés Google Home cités comme participants, tu vois déjà des fonctions Gemini apparaître dans l’écosystème, mais pas forcément l’assistant vocal complet sur les speakers. L’Australie, l’Irlande, la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni et les États-Unis sont dans la liste des pays où des fonctions Gemini for Home existent. Sauf que selon la brique, la liste varie, et ça crée un flou total pour l’utilisateur.

La promesse la plus large, c’est la compatibilité matérielle: Google affirme que l’assistant vocal Gemini for Home doit fonctionner sur tous les haut-parleurs et écrans Google sortis depuis 2016. Sur le papier, ça évite le classique “désolé, ton appareil est trop vieux”. Dans la vraie vie, tu restes dépendant du pays, de la langue, et du fait d’être sélectionné ou pas dans les vagues d’activation.

Early Access: une inscription, puis tu attends

Le parcours “normal” pour tenter d’avoir Gemini for Home, c’est de passer par l’app Google Home. Tu mets l’app à jour, tu vas dans les paramètres de la maison, et tu demandes l’accès anticipé. Et après… tu attends. Pas de délai garanti, pas de compteur, pas de confirmation autre qu’une inscription. Quand c’est activé, tu es notifié dans l’app.

Le point qui énerve pas mal de monde, c’est que cet accès anticipé est séparé d’autres programmes de test. Google a plusieurs canaux: un Public Preview pour l’app Google Home, un Preview Program pour le firmware des appareils (enceintes, écrans, streaming), et un Early Access spécifique pour Gemini for Home. Si tu es déjà “testeur” quelque part, ça ne veut pas dire que tu as Gemini. Et inversement.

Lire aussi :  Les montres connectées : un outil efficace pour détecter les troubles cardiaques et prévenir les AVC ?

Google insiste sur un détail pratique: si tu optes pour Gemini for Home, l’activation vaut pour toute la maison. Tous les membres du foyer peuvent utiliser les fonctions Gemini sur les appareils éligibles, y compris ceux ajoutés plus tard. C’est logique pour un assistant domestique, mais ça pose des questions de contrôle. Tu ne peux pas toujours choisir qui teste quoi, surtout dans une famille où tout le monde n’a pas envie de servir de cobaye.

Et puis il y a la mécanique “caméras d’un côté, voix de l’autre”. Google le dit clairement: les fonctions caméra et les fonctions vocales se déploient indépendamment. Donc oui, tu peux recevoir les nouveautés Nest sur la vidéo sans avoir Gemini qui répond sur l’enceinte de la cuisine. Pour l’utilisateur, c’est déroutant. Tu as l’impression d’avoir Gemini “un peu”, sans savoir ce qui manque ni quand ça arrive.

Ask Home et Home Brief: le chatbot débarque dans Google Home

La partie la plus visible, c’est souvent Ask Home. Là, on n’est pas sur “parle à ton enceinte”, mais sur une interface type chatbot dans l’app Google Home. Tu écris une demande en langage naturel, et l’app exécute via ses capacités domotiques. C’est une manière de mettre Gemini dans le quotidien sans attendre que la voix soit prête partout.

Sur le papier, ça répond à une vraie douleur: les commandes trop rigides. L’idée, c’est que tu n’aies plus à mémoriser la formulation exacte. Google donne un exemple très parlant: “allume les lumières sauf dans la chambre, allume la télé, verrouille la porte d’entrée, et augmente la température”. Une phrase, plusieurs actions, un contexte. Si ça marche vraiment, tu gagnes du temps et tu arrêtes de parler comme un manuel.

Il y a aussi le volet caméras Nest avec des descriptions générées de ce qu’elles voient, et un résumé quotidien type Home Brief. Là, on est sur de l’IA qui transforme de la vidéo en texte utile, censé s’intégrer à ta routine domotique. Exemple concret: au lieu de faire défiler des clips, tu reçois un digest qui te dit ce qui s’est passé devant la porte ou dans l’allée.

Mais attention au détail qui fâche: certaines fonctions demandent un abonnement Google Home Premium, avec des niveaux de plan. Google distingue ce qui est disponible sans abonnement et ce qui passe derrière un paywall. Du coup, tu peux lire des démos très sexy, puis découvrir que chez toi c’est bridé. Et comme les disponibilités varient selon les pays et les langues, comparer avec ton voisin devient un sport.

Lire aussi :  Comment utiliser l'intelligence artificielle ?

Remplacer Google Assistant: plus naturel, mais pas sans ratés

L’objectif affiché est simple: Gemini doit remplacer Google Assistant dans la maison, avec une conversation plus naturelle et une meilleure compréhension du contexte. Google parle d’un assistant capable d’inférer ton intention, pas juste d’exécuter des mots-clés. C’est la promesse “tu parles normalement, il comprend”, un peu comme ce qu’Amazon pousse avec Alexa Plus.

Sauf que sur le terrain, les premiers retours ne sont pas tous flatteurs. Des utilisateurs rapportent des réponses incohérentes ou des commandes ignorées, notamment sur des basiques du quotidien comme les lumières ou certains appareils connectés. Ce genre de bug, ce n’est pas un détail. Dans une maison, si “éteins la lumière” marche une fois sur deux, tu reviens vite aux interrupteurs, et tu perds la confiance.

Il y a aussi un enjeu de langue. Le déploiement initial est en anglais, avec une prise en charge du français annoncée pour début 2026 dans certains marchés. Pour un produit domestique, la langue n’est pas un bonus, c’est le coeur. Si tu dois parler anglais à ton salon pour que ça marche, tu réduis mécaniquement l’adoption, surtout dans les foyers où tout le monde n’est pas à l’aise.

Mon impression de vieux journaliste qui a vu passer dix “révolutions”: Google veut aller vite pour ne pas laisser le terrain à la concurrence, mais il ne peut pas se permettre de casser l’existant. Google Assistant, même limité, avait un avantage énorme: la prévisibilité. Gemini, lui, doit prouver qu’il est fiable, pas juste plus bavard. Et ça, ça se joue sur des détails pénibles, du genre “la lampe du couloir répond à chaque fois”.

Pourquoi ça traîne: abonnements, nouveaux appareils, et rollout en morceaux

Le déploiement lent n’est pas un accident, c’est une stratégie de réduction des risques. Google a introduit des nouveautés dans l’app et côté caméras dès l’automne, mais pour la voix sur les enceintes, c’est beaucoup plus prudent. Même des observateurs proches du produit notent que peu de gens l’ont sur leurs speakers, et que sur les forums, ça râle parce que l’attente est longue.

Google a aussi laissé entendre que la disponibilité “pour tout le monde” n’arriverait pas avant le printemps, au plus tôt, en même temps qu’un nouveau haut-parleur Google Home. Ça te donne un indice: la bascule logicielle est peut-être liée à une génération de matériel ou à une nouvelle référence qui sert de vitrine. Classique. Tu annonces une IA, tu la fais tourner nickel sur ton nouveau device, et tu élargis ensuite.

Autre facteur qui complique tout: la monétisation via Google Home Premium. Quand tu mixes “certaines fonctions gratuites” et “d’autres payantes”, tu dois gérer des combinaisons infinies. Un foyer peut avoir Ask Home, mais pas les options avancées. Un autre peut avoir les caméras enrichies, mais pas la voix Gemini. Et toi, utilisateur, tu ne sais plus si ça manque parce que tu n’es pas éligible, pas abonné, pas dans le bon pays, ou juste pas encore activé.

Lire aussi :  Cette entreprise française a eu une idée géniale qui a déjà séduit 190 pays pour atteindre un revenu de 2,2 millions d’euros en 2025 : le photomaton numérique

Si tu veux une lecture simple de l’état du déploiement début 2026: Gemini for Home est réel, déjà visible dans l’app et sur certaines fonctions caméra, mais l’assistant vocal sur enceintes reste la pièce la plus lente à arriver. Google promet une montée en charge “au fil du temps”, et c’est exactement ce que tu vois. Si tu es pressé, tu t’inscris et tu surveilles les notifications. Si tu veux du stable, tu laisses les autres essuyer les plâtres.

À retenir

  • L’assistant vocal Gemini for Home a démarré en Early Access aux États-Unis le 28/10/2025, puis au Canada le 18/12/2025 en anglais.
  • Les fonctions Gemini se déploient par briques: Ask Home dans l’app, fonctions caméras Nest, puis voix sur enceintes et écrans.
  • L’accès passe par une inscription Early Access séparée des autres programmes de preview, puis une activation par vagues.

Questions fréquentes

Gemini for Home est-il déjà disponible en France ?

Les disponibilités officielles listent surtout les États-Unis et le Canada pour l’assistant vocal en accès anticipé, avec une extension à d’autres régions début 2026. La prise en charge du français est annoncée pour début 2026 sur certains marchés, mais le déploiement se fait par vagues et selon les fonctions, donc ça peut arriver plus tard selon ton profil.

Pourquoi j’ai Ask Home dans l’app, mais pas Gemini sur mes enceintes ?

Parce que les fonctions Gemini for Home ne sont pas livrées en un seul bloc. L’interface Ask Home (texte) et les fonctions caméras peuvent être disponibles avant l’assistant vocal sur speakers et écrans. En plus, l’assistant vocal passe par un Early Access distinct, activé progressivement côté Google.

Faut-il un abonnement Google Home Premium pour Gemini for Home ?

Certaines fonctions Gemini for Home sont proposées sans abonnement, mais d’autres demandent un abonnement Google Home Premium, avec des niveaux de plan. Selon ta région et la fonction visée (caméras, automatisations, options avancées), tu peux avoir un accès partiel tant que tu n’es pas sur le bon plan.

Comment demander l’accès anticipé à Gemini for Home ?

Il faut utiliser la dernière version de l’application Google Home, puis aller dans les réglages (via ton profil), ouvrir les paramètres de la maison et choisir l’option Early access pour exprimer ton intérêt. Ensuite, tu attends une notification dans l’app quand Google active les fonctions pour ton foyer.

Antonin est journaliste spécialisé dans l’économie, les entreprises et les dynamiques du monde professionnel. Après quelques années passées en tant que responsable communication au sein d’un grand groupe industriel, il a choisi de mettre son expérience au service de l’information.

Habitué à décrypter les stratégies, les innovations et les transformations qui animent le tissu économique français, Antonin s’attache à rendre compréhensibles des sujets souvent perçus comme complexes.