En 2024, la plasturgie et les composites en France ont traversé une période délicate, marquée par un recul du chiffre d’affaires et des tensions sur l’emploi.
Avec près de 203 000 salariés répartis dans presque 4 000 établissements, la filière représente encore 2,8 % du PIB national, selon le syndicat Polyvia, qui accompagne et soutient les entreprises de plasturgie et de composites dans leurs défis industriels et économiques.
Un secteur en recul mais toujours stratégique
Le « Cœur Plasturgie », qui regroupe les entreprises spécialisées dans la fabrication de produits en plastique, a enregistré en 2024 un chiffre d’affaires de 35 milliards d’euros, en baisse de 4 % par rapport à 2023.
Cette contraction fait suite à un déclin déjà amorcé l’année précédente et reflète la faiblesse de la demande européenne et mondiale après le cycle inflationniste, souligne Polyvia.
La structure du secteur montre que si les petites entreprises (moins de 50 salariés) sont majoritaires, ce sont les PME de 50 à 249 salariés qui génèrent 41 % du chiffre d’affaires.
Les ETI, bien que rares, pèsent près de 39 % du chiffre d’affaires et de la valeur ajoutée, soulignant l’importance de soutenir les PME dans leur transition vers des structures plus solides.
Des secteurs contrastés et des perspectives prudentes
Tous les segments de la filière ne sont pas touchés de la même manière, comme le détaille Polyvia :
- Automobile : recul du chiffre d’affaires pour les équipementiers de rang 2 et 3, confrontés à la concurrence chinoise sur le véhicule électrique.
- Bâtiment : chute de la construction neuve et stabilité seulement sur la rénovation.
- Emballage plastique : baisse de près de 10 points de chiffre d’affaires entre 2022 et 2024, notamment en cosmétique et industrie.
- Composites : progression de près de 10 points grâce à des marchés à forte valeur ajoutée (aéronautique, défense, médical).
- Médical : activité stable mais croissance atone, la compétition reste liée à la conquête de parts de marché.
Pour 2026, les industriels misent sur une stabilisation de l’activité, certains anticipant un léger redémarrage, mais la croissance ne semble pas encore assurée.
La prudence reste de mise, notamment face à un contexte géopolitique incertain et des marges en recul pour un tiers des entreprises.
Transition écologique et recyclage : un enjeu clé
Polyvia souligne que la filière mise sur la circularité et l’innovation pour rester compétitive. La transformation des plastiques recyclés progresse, avec 650 000 tonnes utilisées en 2024, soit +17 % par rapport à 2022.
La substitution des polymères vierges par des matériaux recyclés pourrait représenter +56 % de volume transformé d’ici 2030.
Le syndicat insiste sur l’importance de la réglementation européenne et de la préférence continentale pour protéger l’industrie face à la concurrence internationale.
La filière doit combiner innovation et conformité pour sécuriser ses emplois et ses savoir-faire industriels uniques.
Analyse : la plasturgie à la croisée des chemins
Si la filière française reste un pilier industriel et économique, elle traverse une phase de mutation où la rentabilité, la compétitivité internationale et la transition écologique se mêlent.
Polyvia souligne que les entreprises qui sauront combiner innovation, transition vers le recyclé et adaptation réglementaire auront une longueur d’avance.

Le défi est double : préserver les savoir-faire industriels stratégiques et moderniser les processus pour répondre aux enjeux environnementaux.
La plasturgie française doit donc trouver le juste équilibre entre performance économique et responsabilité écologique pour se projeter durablement au-delà de 2026.




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