Au cœur de l’Indonésie, l’île de Sulawesi révèle un secret qui réécrit l’histoire de la créativité humaine.
Des empreintes de mains tracées au pochoir, découvertes dans la grotte de Metanduno, ont été datées d’au moins 67 800 ans, ce qui en ferait les plus anciennes œuvres picturales connues de l’humanité.
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Une avancée spectaculaire qui remet en question l’idée longtemps admise selon laquelle l’art serait né en Europe il y a 40 000 ans.
Des peintures plus anciennes qu’on ne le pensait
L’art rupestre européen, des célèbres grottes de Lascaux (18 000 ans) à celles de Chauvet (36 000 ans), a longtemps été considéré comme le berceau de la création d’images.
Mais depuis 2014, les découvertes à Sulawesi ont bouleversé ce récit.
- 2014 : une peinture de sanglier et une main négative dans la grotte de Leang Timpuseng datées d’au moins 40 000 ans.
- 2019 : une autre peinture de sanglier dans la grotte de Leang Tedongnge, vieille d’au moins 45 500 ans.
- 2024 : les empreintes de mains de Metanduno atteignent un âge record de 67 800 ans.
Ces découvertes, issues d’un programme conjoint entre l’université Griffith (Australie) et l’Agence nationale de recherche indonésienne, mettent en lumière une tradition artistique vieille de dizaines de milliers d’années.
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Les chercheurs ont recensé 44 sites de peinture, dont 14 jamais explorés, et utilisé la datation uranium-thorium pour établir ces chronologies précises.
Quand nos ancêtres racontaient des histoires
Les grottes de Sulawesi ne se contentent pas de montrer des motifs abstraits : elles révèlent aussi une capacité narrative étonnante.
À Bulu Sipong 4, une peinture vieille d’au moins 48 000 ans représente un bovidé entouré de figures mi-hommes, mi-animaux. Une véritable histoire en images, bien avant que l’Europe ne connaisse son âge d’or pictural.

Une fenêtre sur les migrations anciennes
Ces peintures ne sont pas seulement artistiques : elles sont aussi des indices précieux sur les déplacements de Homo sapiens.
L’art rupestre de Sulawesi renforce l’hypothèse selon laquelle les premiers humains ont migré vers le continent de Sahul (Australie et Nouvelle-Guinée) via une route septentrionale, en passant par l’Indonésie.
- Les dépôts de carbonate analysés témoignent de deux épisodes artistiques distincts séparés de 35 000 ans.
- Certaines figures humaines plus récentes (3 900 ans) pourraient représenter les premiers témoignages de cultures austronésiennes dans la région.
Cette accumulation de preuves illustre une longue tradition de créativité et d’expression symbolique, bien avant l’Europe préhistorique.
Réécrire l’histoire de l’art
Ces découvertes transforment notre compréhension de la préhistoire : l’art rupestre n’est plus un phénomène européen, mais un langage universel, né au cœur des jungles de Sulawesi.
Les prochaines explorations promettent de nouveaux trésors, et peut-être un recul encore plus ancien de la créativité humaine.
Chaque peinture, chaque main tracée sur la pierre, rappelle que nos ancêtres pensaient, racontaient et rêvaient, tout comme nous aujourd’hui.








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