SpaceX viserait plus de 1,75 trillion $ en IPO : dépôt confidentiel en mars, cotation possible en juin

Une fusée SpaceX sur pas de tir, sur fond de symboles boursiers

Plus de 1,75 trillion de dollars de valo pour SpaceX à l’IPO. Oui, trillion au sens américain, donc 1 750 milliards. Bloomberg dit que la boîte d’Elon Musk vise un dépôt confidentiel auprès du gendarme boursier américain dès mars, avec une cotation qui collerait à un calendrier évoqué depuis des semaines: juin.

Sur le papier, ça te mettrait face à un monstre, potentiellement l’une des plus grosses introductions en Bourse de l’histoire. Et pas juste pour le symbole. Les préparatifs évoquent jusqu’à 50 milliards de dollars levés, un casting de banques XXL, et une question qui pique: qu’est-ce que Wall Street achète vraiment, une machine à cash ou un pari industriel dopé aux promesses de Starship et Starlink?

Pourquoi SpaceX passe par un dépôt confidentiel

Le dépôt confidentiel, c’est le mode “on prépare le terrain sans tout dévoiler tout de suite”. Concrètement, la société envoie un projet de dossier au régulateur, obtient des retours, corrige, affine, puis seulement après rend public le document final. Pour une entreprise aussi scrutée que SpaceX, c’est une façon de limiter les fuites et de garder la main sur le récit.

Ce timing de mars n’est pas sorti de nulle part. Il colle à une fenêtre de cotation en juin dont il est déjà question dans le marché. Trois mois, c’est court, mais c’est le tempo classique quand tu veux profiter d’un climat boursier porteur et éviter de laisser traîner un dossier qui attire tous les commentateurs, les politiques, et les concurrents.

Le truc c’est que “confidentiel” ne veut pas dire “secret”. Ça circule quand même, surtout quand tu commences à aligner les banques chefs de file, à sonder les gros investisseurs, et à tester une fourchette de valorisation. Et là, la barre annoncée à plus de 1,75 trillion $ sert aussi de message: SpaceX ne vient pas mendier, SpaceX vient dicter ses conditions.

Dans les salles de marché, ce format rassure une partie des acheteurs. Un analyste que j’appelle Marc, qui suit les IPO tech depuis dix ans, me résume ça cash: “Le dépôt confidentiel, c’est le sas de décompression. Tu évites de te faire démonter en place publique sur chaque ligne, tu règles les questions sensibles avec le régulateur, et tu sors quand tu es prêt.” Résultat, SpaceX peut ajuster sans perdre la face.

1,75 trillion $: une valorisation qui écrase les repères

À plus de 1,75 trillion $, on n’est plus dans la catégorie “grosse licorne”. On parle d’un niveau qui te place au coude-à-coude avec les plus grandes capitalisations mondiales, loin devant la plupart des industriels historiques. Et surtout, on parle d’une IPO qui, si elle se fait à ce niveau, redéfinit la façon dont le marché valorise le spatial privé.

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Pour donner un ordre d’idée, les préparatifs évoquent une levée pouvant aller jusqu’à 50 milliards de dollars. À cette taille, tu dépasses le record moderne des introductions, détenu par Saudi Aramco avec 29 milliards de dollars levés en 2019. Là, on change d’échelle: ce n’est plus seulement “une IPO réussie”, c’est un événement macro qui aspire de la liquidité et force les gérants à arbitrer.

Cette valorisation s’appuie aussi sur des chiffres très concrets qui circulent sur les performances récentes. SpaceX aurait généré environ 8 milliards de dollars de profit pour 15 à 16 milliards de dollars de revenus l’an dernier. C’est énorme pour une boîte qui, pendant longtemps, a été perçue comme un gouffre à capex. Dit autrement: le marché peut raconter une histoire de croissance, mais il peut aussi raconter une histoire de rentabilité.

Mais attention au piège du chiffre qui fait tourner les têtes. 1,75 trillion $, ça implique des attentes délirantes sur la durée: cadence de lancements, domination sur l’internet satellitaire, et capacité à faire de Starship un outil industriel fiable. Marc, encore lui, lâche un avertissement: “À ce prix-là, tu n’achètes pas SpaceX, tu achètes SpaceX plus dix ans de perfection d’exécution.” Et ça, personne ne peut le garantir.

Starship, Starlink et la promesse d’une “insane flight rate”

Si SpaceX veut lever aussi gros, c’est qu’il y a un plan de dépenses derrière. Dans un mémo interne évoqué dans les discussions de marché, l’objectif serait de financer une “insane flight rate” pour Starship, mais aussi des data centers d’intelligence artificielle dans l’espace et même une base sur la Lune. Ça sonne science-fiction, sauf que c’est exactement le genre de récit qui peut justifier des montants hors normes.

Starship reste le cur du pari industriel. Musk prévoit de tester une nouvelle version du lanceur en mars, avec des centaines d’améliorations, après une pause de plusieurs mois liée à des défis d’ingénierie. Traduction: il y a eu des problèmes à régler, du temps perdu, et une pression énorme pour prouver que la courbe d’apprentissage continue de monter.

Starlink, lui, joue le rôle du moteur financier et du produit “déjà là”. C’est le segment qui permet de parler revenus récurrents, abonnements, et marges qui s’améliorent avec l’échelle. C’est aussi la clé pour convaincre des investisseurs qui n’ont pas envie de financer uniquement des explosions spectaculaires sur YouTube. Dans une IPO, ce genre de business stabilise le dossier.

Mais il y a un revers. Une cadence de vol “insane”, c’est aussi un risque opérationnel “insane”: incidents, retards, coûts non prévus, et réactions réglementaires. Sur ce point, même des investisseurs fans de Musk restent prudents. Marc me disait récemment: “Le marché adore la vitesse, sauf quand la vitesse casse des trucs.” Et dans le spatial, quand ça casse, ça coûte vite des centaines de millions.

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Les banques en première ligne et le scénario des 50 Md$

Quand tu vois les noms qui circulent pour piloter l’opération, tu comprends que SpaceX vise le sommet. Bank of America, Goldman Sachs, JPMorgan Chase, Morgan Stanley: c’est la brochette classique des méga-deals américains, ceux où tu ne veux pas te rater. Leur rôle, c’est de structurer, de placer, de rassurer, et de trouver des acheteurs capables d’avaler des tickets gigantesques.

Lever jusqu’à 50 milliards de dollars, ça ne se fait pas en vendant quelques actions à des particuliers. Ça se fait avec des fonds souverains, des géants de la gestion d’actifs, des assureurs, des fonds de pension, et des investisseurs institutionnels qui ont des poches profondes. Et ça se fait aussi avec une narration béton: pourquoi maintenant, pourquoi ce prix, et pourquoi ça continue de croître après l’introduction.

Une IPO de cette taille peut aussi “aspirer l’air” du marché. Les gérants ont des enveloppes, pas des puits sans fond. Si SpaceX arrive en juin avec une offre massive, ça peut forcer des arbitrages sur d’autres dossiers tech, y compris d’autres candidats à des introductions record en 2026. Les investisseurs parlent déjà d’une année chargée, avec des noms comme OpenAI et Anthropic dans les radars.

Le truc c’est que les banques adorent les deals énormes, mais elles détestent les surprises. Et SpaceX, c’est une boîte imprévisible par nature: calendrier de tests, annonces de Musk, débats politiques autour du spatial, tout peut bouger. Une IPO, c’est une chorégraphie. Si un élément déraille au mauvais moment, tu peux te retrouver à repousser, réduire, ou revoir le prix. Et à ce niveau de valo, la moindre fissure se voit.

Le point sensible: contrôle de Musk et mélange avec xAI

Un détail qui change tout pour les futurs actionnaires: SpaceX envisagerait une structure d’actions à droits de vote multiples. En clair, tu peux acheter des actions, mais ne pas vraiment contrôler grand-chose, pendant que les insiders gardent un volant de vote supérieur. C’est fréquent dans la tech, mais à cette échelle, ça devient un choix politique: est-ce que tu acceptes de financer sans pouvoir peser?

Ça renvoie à une réalité simple: SpaceX est indissociable d’Elon Musk. Pour le meilleur, parce que sa capacité à attirer du capital et des talents est réelle. Pour le pire, parce que sa gouvernance, son style, et ses priorités peuvent changer vite. En Bourse, ce type de profil peut créer une prime d’excitation… ou une décote de méfiance, selon l’humeur du moment.

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Autre élément qui brouille les cartes: SpaceX a finalisé plus tôt cette année l’acquisition de la startup d’IA de Musk, xAI, via une opération en actions. Le tout aurait valorisé l’entité combinée à 1,25 trillion de dollars, selon des personnes au courant du dossier. Si tu ajoutes une couche IA à un récit spatial, tu peux faire grimper la température chez les investisseurs. Mais tu ajoutes aussi de la complexité.

La nuance, c’est que mélanger des promesses spatiales, des promesses IA, et une gouvernance très verrouillée, ça peut refroidir une partie du marché traditionnel. Marc me l’a formulé sans détour: “Les gérants value vont regarder les profits, puis regarder la structure de vote, et refermer le dossier.” Les fans de croissance, eux, peuvent foncer. On verra vite quel camp pèse le plus quand le prix sera discuté.

À retenir

  • SpaceX viserait un dépôt confidentiel dès mars, pour une cotation possiblement en juin.
  • La valorisation évoquée dépasse 1,75 trillion $, avec une levée potentielle jusqu’à 50 Md$.
  • Les chiffres qui circulent parlent d’environ 8 Md$ de profit pour 15-16 Md$ de revenus l’an dernier.

Questions fréquentes

C’est quoi une IPO confidentielle pour SpaceX ?

C’est un dépôt de dossier auprès du régulateur en mode non public au départ. L’entreprise peut recevoir des commentaires, ajuster ses informations et sa structure, puis publier la version finale plus tard. Pour une société très médiatisée, ça réduit l’exposition immédiate et laisse plus de marge pour caler le calendrier et le message.

Pourquoi une valorisation au-delà de 1,75 trillion $ fait autant parler ?

Parce que ce niveau place SpaceX dans la cour des plus grandes capitalisations mondiales et ferait de l’opération un des plus gros événements boursiers de l’histoire. Ça implique aussi des attentes très élevées sur l’exécution industrielle, la croissance de Starlink et la capacité de Starship à monter en cadence sans dérapage.

SpaceX peut-elle vraiment lever jusqu’à 50 milliards de dollars ?

C’est le scénario évoqué par des personnes au courant des préparatifs. À ce niveau, l’offre viserait surtout des investisseurs institutionnels capables de prendre de très gros tickets. Une telle levée dépasserait le record d’Aramco (29 Md$ en 2019), mais elle dépend du climat de marché, du prix final et de la demande au moment du lancement.

Clémence est rédactrice indépendante, spécialisée dans les sujets de société, d’environnement et de culture contemporaine. Diplômée d’un master en journalisme, elle a collaboré avec plusieurs médias en ligne avant de rejoindre l’équipe éditoriale du site Redac.info.

Curieuse du monde qui l’entoure, Clémence explore au quotidien les thèmes qui façonnent notre époque : transformations sociales, enjeux écologiques, initiatives citoyennes, découvertes culturelles ou encore évolutions du travail.