Pendant plus d’un quart de siècle, il a silencieusement observé la planète, jour après jour, orbite après orbite.
Le satellite Terra, véritable sentinelle climatique lancée à la fin des années 1990, arrive aujourd’hui au terme de son aventure spatiale.
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Une page se tourne pour la science de la Terre, mais l’héritage laissé en orbite, et sur Terre, reste colossal.
Un satellite pionnier devenu indispensable
Mis en orbite en décembre 1999, Terra a été pensé comme le premier pilier d’une nouvelle façon d’observer la planète : globale, continue et interconnectée.
🛰️🌏 Terra Earth Observation Satellite was launched on Dec 18 (year) — giving scientists powerful tools to track climate & environmental change across the globe 🌡️🌍 #EarthScience #NASA #Dec18
— Buster Blair (@BustertheBeagle) December 18, 2025
À l’époque, les scientifiques manquaient de données pour comprendre finement les interactions entre l’atmosphère, les océans, les continents, la glace ou encore l’énergie solaire.
Conçu pour fonctionner six ans, le satellite a défié toutes les prévisions.
Grâce à une ingénierie robuste et à un suivi minutieux, il a continué à livrer des données essentielles bien au-delà de sa durée de vie initiale, devenant une référence mondiale pour la recherche climatique.
Cinq instruments pour comprendre la planète
À son bord, Terra embarquait cinq instruments complémentaires, capables de scruter la Terre sous différents angles : reliefs, nuages, pollution, végétation, températures, aérosols…

Une combinaison unique qui a permis de croiser les données et d’obtenir une vision systémique du climat. Parmi leurs contributions majeures :
- le suivi précis des incendies de forêt et de leurs fumées à l’échelle mondiale ;
- l’observation de la pollution atmosphérique et du transport des particules fines ;
- l’analyse du bilan énergétique de la Terre, clé pour comprendre le réchauffement climatique ;
- la surveillance des glaces polaires, des tempêtes et des éruptions volcaniques.
Ces données ont nourri des milliers de travaux scientifiques et aidé, très concrètement, à la gestion de crises naturelles, des évacuations lors d’incendies aux alertes cycloniques.
Une fin progressive, mais maîtrisée
Avec le temps, le vieillissement des batteries et la raréfaction du carburant ont rendu inévitable une réduction progressive des opérations.
Dès 2020, les ingénieurs ont cessé certains ajustements orbitaux, laissant Terra dériver lentement.
En 2025, l’un des instruments, dédié à la mesure de la pollution au monoxyde de carbone, a été arrêté pour préserver l’énergie restante.
Les autres capteurs continuent encore de fonctionner, mais l’extinction complète du satellite se profile, avec une rentrée atmosphérique contrôlée prévue pour éviter tout risque.
Un héritage scientifique hors norme
Au fil de ses orbites, Terra a généré l’un des ensembles de données environnementales les plus riches jamais constitués.
Ces archives servent encore aujourd’hui à analyser les évolutions du climat sur plusieurs décennies, un atout irremplaçable à l’heure où les changements s’accélèrent.
Sa disparition annoncée marque aussi un passage de relais. D’autres satellites, plus récents, prennent le relais avec des technologies nouvelles.
Mais peu auront, comme Terra, accompagné toute une génération de chercheurs.
Une fin qui éclaire l’avenir
La mission Terra rappelle une évidence : comprendre la Terre demande du temps, de la patience et de la continuité.
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À l’heure où la science climatique est plus scrutée que jamais, l’héritage de ce satellite pionnier continue d’influencer la recherche et les décisions publiques.
Même en fin de course, Terra reste une boussole pour lire l’avenir de notre planète.



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