Les tensions autour des terres rares et des technologies de batteries s’intensifient à l’échelle mondiale, bouleversant les équilibres économiques et industriels.
Entre restrictions à l’exportation, rivalités commerciales et enjeux de souveraineté technologique, la Chine reste un acteur incontournable, tandis que l’Europe, les États-Unis et l’Inde cherchent à sécuriser leurs approvisionnements et à renforcer leur compétitivité.
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Les récentes décisions et obstacles industriels révèlent la fragilité des chaînes d’approvisionnement mondiales et la complexité des stratégies de résilience face à la concentration des ressources et du savoir-faire.
La domination chinoise sur les terres rares et les batteries : enjeux et stratégies
La Chine contrôle près de 70 % de la production mondiale de terres rares et 90 % du raffinage, plaçant Pékin en position de force sur le plan technologique et géopolitique.
Ces matériaux sont essentiels à la fabrication de batteries, de véhicules électriques, d’équipements militaires et de technologies de pointe.
Pour sécuriser ses intérêts, la Chine a récemment renforcé ses restrictions à l’exportation, invoquant la sécurité nationale et imposant des autorisations préalables pour les produits contenant des matériaux d’origine chinoise, même s’ils sont transformés à l’étranger.
Ces mesures extraterritoriales, justifiées officiellement par la prévention de l’usage militaire, sont perçues comme un levier stratégique majeur.
Reliance et les fractures industrielles révélées
La suspension par Reliance Industries Limited de son projet de fabrication de cellules lithium-ion en Inde illustre parfaitement les enjeux sous-jacents.
Après l’échec des négociations avec Xiamen Hithium Energy Storage Technology, Reliance a dû revoir ses ambitions.
Reliance Industries Ltd. paused its plan to make lithium-ion battery cells in India. Why?
– Because a Small Chinese firm called Xiamen Hithium Energy Storage Technology Co. refused to license its technology to Reliance.
– Technology licensing means: giving another party…
— Akshat Shrivastava (@Akshat_World) January 12, 2026
Selon GlobalData, ce blocage ne se limite pas à un simple retard opérationnel : il révèle les fractures structurelles de l’industrie des batteries, où géopolitique, technologie et compétitivité des coûts sont indissociables.
Cette dynamique n’est pas unique à l’Inde. Aux États-Unis, le BlueOval Battery Park de Ford au Michigan, initialement basé sur la technologie LFP de CATL, a également dû revoir sa capacité et sa structure pour limiter l’exposition à la dépendance chinoise.
Conséquences industrielles et défis pour l’autonomie technologique mondiale
Les restrictions chinoises perturbent les chaînes d’approvisionnement et exposent la vulnérabilité des industriels.
Les projets de batteries hors de Chine coûtent environ un tiers de plus qu’à l’intérieur du pays, en raison de la domination chinoise sur le raffinage du lithium et la production d’anodes.
Cette pression économique explique pourquoi de nombreuses entreprises ont initialement recherché des partenariats chinois, malgré les risques géopolitiques.
En Europe, Nexperia subit des blocages d’exportation chinois, menaçant la production automobile.
Ces obstacles démontrent la difficulté de sécuriser des alternatives compétitives, même avec des investissements dans des technologies émergentes comme le sodium-ion.
Stratégies de diversification et innovation
Pour réduire leur dépendance, gouvernements et industriels multiplient les initiatives : relocalisation de la production, développement de batteries sodium-ion ou à état solide, et diversification des partenariats internationaux.
L’acquisition par Reliance de Faradion, société britannique spécialisée dans le sodium-ion, s’inscrit dans cette dynamique de protection à long terme.
À court terme, l’autonomie reste fragile. À long terme, ces efforts posent les bases d’une résilience accrue face aux tensions géopolitiques et à la concentration des ressources.





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